Réformes liturgiques
Pie XII a entrepris des réformes liturgiques en deux temps.
Dans un premier temps, en 1947, Pie XII publie l’encyclique Mediator Dei, qui pose le cadre doctrinal d’une saine et nécessaire réforme liturgique. Le Pape rappelle fermement que l’autorité en matière liturgique appartient au Siège apostolique :
« Il n’est donc pas permis de laisser à l’arbitraire des personnes privées, fussent-elles de l’ordre du clergé, les choses saintes et vénérables qui touchent la vie religieuse de la société chrétienne… Pour cette raison, aucune personne privée n’a le pouvoir de réglementer les actions extérieures de cette espèce, qui sont au plus haut point liées avec la discipline ecclésiastique et avec l’ordre, l’unité et la concorde du Corps mystique… »
« Que tout se fasse donc de telle façon que soit sauvegardée l’union avec la hiérarchie ecclésiastique. Que personne ne s’arroge la liberté de se donner à soi-même des règles, et de les imposer aux autres de son propre chef. Seul le Souverain Pontife, comme successeur du bienheureux Pierre à qui le divin Rédempteur a confié le soin de paître le troupeau universel, et avec lui les évêques, que ‟l’Esprit-Saint a placés… pour régir l’Église de Dieu” sous la conduite du Siège apostolique, ont le droit et le devoir de gouverner le peuple chrétien. »
Pie XII énonce les principes devant guider cette réforme : respect de la Tradition, refus de l’archéologisme et mesures visant à accroître la participation des fidèles.
Dans un second temps, Pie XII autorise et promulgue des réformes concrètes et limitées, adoptées conformément aux principes énoncés dans Mediator Dei. Sont ainsi introduites une nouvelle traduction du Psautier pour l’Office divin, la restauration nocturne de la Vigile pascale, la réforme complète de la Semaine Sainte, et une adaptation prudente de la discipline de la musique sacrée. Ces mesures ne constituent en aucun cas une rupture ou un infléchissement, mais une application pratique des principes énoncés dans Mediator Dei, ordonnée au bien des âmes et au respect de la Tradition liturgique de l’Église.
Par le décret Maxima Redemptionis du 16 novembre 1955, Pie XII réforme les horaires de la Semaine Sainte pour restaurer la signification liturgique originelle des rites. Il veut rétablir le lien entre la vigile pascale et la nuit de la Résurrection, et programmer les offices aux heures proches de celles de la Passion.
À partir de 1951, la vigile pascale se célèbre en soirée à titre expérimental, et cette mesure porte de très bons fruits : la participation des fidèles aux cérémonies de la semaine sainte augmente. À la demande des évêques, Pie XII confie à la Commission pour la réforme liturgique l’étude de la rénovation complète de l’Ordo de la Semaine Sainte. Ces réformes, voulues pour la sanctification des fidèles, sont jugées nécessaires par le Pape.
Après examen et approbation par les instances compétentes – Commission de réforme liturgique et Sacrée Congrégation des Rites – Pie XII rend le nouvel Ordo de la Semaine Sainte obligatoire pour tous les fidèles. La compétence exclusive du Saint-Siège pour réglementer la liturgie et approuver les livres liturgiques, selon le Code de droit canonique de 1917, impose à tous de s’y conformer.
Encyclique Mediator Dei
Décret Maxima Redemptionis
Code de droit canonique de 1917, canon 1257